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Archive for février 2015

Luftwaffe 1939/1945 : une conception pas si mauvaise que cela… (2e Guerre mondiale n°58, Mars & Clio Editions, février/mars 2015)

22 février 2015 Laisser un commentaire

revue_2gm_058Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Luftwaffe, l’armée de l’air allemande, est tout d’abord considérée comme l’un des facteurs clefs des victoires de la première partie du conflit en Europe (Pologne en 1939, Ouest en 1940, Balkans en 1941, Opération « Barbarossa » à l’été 1941) avant d’être identifiée comme étant le maillon faible du III. Reich face à la montée en puissance des aviations alliées et aux bombardements stratégiques sur l’Europe occupée. De là à dire que la Luftwaffe a été mal conçue et a souffert dès le début de vices cachés, il n’y a qu’un pas…

Pourtant, en de nombreux points, la Luftwaffe est en avance : doctrine, art opératif, coopération avec les forces terrestres, bombardement stratégique, supériorité aérienne, organisation du soutien logistique à terre pour mettre en œuvre des terrains d’aviation les plus proches des zones d’opérations…

En fait, la Luftwaffe rencontre les mêmes difficultés que la Panzerwaffe et plus encore la Kriegsmarine. Si le Traité de Versailles n’empêche pas le développement d’une pensée militaire extrêmement aiguisée et en avance sur son temps, il neutralise pendant plus d’une décennie la production et la mise en œuvre d’équipements modernes. A cela s’ajoute la neutralisation de tous les armements lourds.

Quand la Wehrmacht se réarme au grand jour à partir de 1933, tout est à reconstruire, même si les bases sont saines. La mise sur pied d’une armée moderne, nombreuse et bien équipée s’effectué en quelques années seulement à marche forcée. Quand s’ouvre la Seconde Guerre mondiale, le III. Reich n’est de toute façon pas prêt militairement à soutenir un conflit de cette ampleur, même si les deux premières années font illusion. Très vite, des contraintes apparaissent. Les premières générations de matériels souffrent de nombreux défauts et sont en nombre trop restreint. Pourtant, les bases sont saines et les générations de matériels qui éclosent au cours du conflit puisent leurs racines dans les études menées dans les années 30 complétées des retours d’expérience des différents fronts.

L’industrie du Reich est cependant incapable à la fois de fournir des modèles en nombre suffisant pour équiper les forces levées, remplacer les pertes au combat et lancer des modèles plus performants.

Le dossier proposé par 2e Guerre mondiale n°58 de Mars & Clio Editions permet de revisiter la montée en puissance de la Luftwaffe et de constater la cohérence des concepts et de leur aspect novateur, même si les moyens et le temps ont manqué. Il met aussi en lumière la grande continuité dans laquelle s’inscrit la Luftwaffe depuis les premiers pas de l’aviation militaire.


www.3945km.comDes origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

 

 

Après les combats, le ménage… (Normandie 1944 n°14, Editions Heimdal, février/mars/avril 2015)

16 février 2015 Laisser un commentaire

revue_normandie1944_014La littérature spécialisée s’intéresse majoritaire sur comment sont menées et parfois préparées les guerres. Rares sont les contributions à propos de la gestion de l’après-guerre. Le magazine Normandie 1944 n°14 (février/mars/avril 2015) des Editions Heimdal propose une étude richement illustrée et inédite sur le dépôt de Saint-Lambert-sur-Dives dans lequel sont entreposés les matériels allemands capturés. Situé au point de sortie de la poche de Falaise, cet endroit est idéalement choisi puisque les armées allemandes en retraite laissent sur le champ de bataille une très grande quantité de matériels (et de cadavres) sur le terrain.

Le matériel ainsi stocké sera ferraillé et « digéré » en plusieurs années. Si certains matériels sont remis en état et utilisés notamment par l’armée française, ils seront également une manne dans le marasme d’après-guerre pour tous ceux qui voient une opportunité de récupérer « gracieusement » ce qui leur fait défaut (roues, pneus, moteurs, ferraille, etc.).

La guerre ne s’arrête pas une fois les combats terminés. Au-delà des impacts politiques et économiques, le nettoyage du terrain et l’exploitation des « restes » sont pour quelques temps encore le quotidien de millions d’Européens…


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Sturmgeschütz-Abteilungen / Panzer-Divisionen : concurrence ou complémentarité ? (Batailles & Blindés n°65, Editions Caraktère, février/mars 2015)

2 février 2015 Laisser un commentaire

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Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les armées du III. Reich révolutionnent incontestablement l’utilisation de l’arme blindée. Tout d’abord en repensant le concept d’emploi des chars et leur interaction avec les autres armes, notamment l’aviation, puis en développant la notion de char de bataille (« Main Battle Tank ») qui préfigure les futures générations de tanks. Présents en petit nombre lors des opérations de mai et juin 1940, le canon d’assaut (« Sturmgeschütz ») voit son emploi de plus en plus élargi au point de devenir une partie intégrante des Panzer-Divisionen à la fin du conflit. De concurrent, le Sturmgeschütz s’est hissé au rang de meilleur allié du Panzer.

En fait, les deux engins sont complémentaires et en fonction de la situation et des terrains, l’un ou l’autre est plus approprié. En milieu urbain ou des compartiments de combat très cloisonnés comme le bocage normand ou les routes étroites et enlacées des Ardennes enneigées, le Sturmgeschütz est plus à son aise. Dans les grandes plaines, les steppes ou le désert, le Panzer est davantage dans son élément surtout s’il possède une excellent puissance de feu et une allonge de tir avantageuse, qui plus est servie par une optique dernier cri.

Le débat n’est pas d’opposer l’un à l’autre mais de comprendre que la victoire, ou a contrario la défaite, dépend certes de la qualité intrinsèque des engins employés, mais surtout de l’environnement dans lequel ils évoluent. L’économie de moyens n’est pas seulement de libérer un maximum de forces au « Schwerpunkt », mais aussi de dégager les « bonnes » forces.

En poussant le raisonnement un peu plus loin, la Wehrmacht aurait été mieux inspirée de déployer davantage d’unités de Sturmgeschütz en Normandie en 1944 pour libérer ses précieuses Panzer-Divisionen à l’Est ou les garder en réserve pour les utiliser dans de meilleures conditions géographiques.

L’article paru dans le magazine Batailles & Blindés n°65 (février/mars 2015) des Editions Caraktère invite le lecteur à mieux connaître ces blindés qui semblent être en apparence des Panzer atrophiés mais dont les Allemands eux-mêmes n’ont pas su tirer pleinement les avantages d’une telle idée, pourtant géniale, et d’un concept d’emploi transformé par les combats, les impératifs économiques et industriels qui en firent un Panzer comme un autre et non plus une seule arme de soutien de l’infanterie…


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